Situé à la pointe occidentale de l'Afrique, le Sénégal cumule trois fronts climatiques simultanés : l'avancée du désert du Ferlo par le nord, l'érosion accélérée de ses 700 km de côtes atlantiques, et les dérèglements pluviométriques qui fragilisent l'agriculture du bassin arachidier. Un pays en première ligne qui forge néanmoins des solutions pionnières.
Le Sénégal fait face à une convergence d'urgences climatiques qui menacent simultanément ses écosystèmes côtiers, ses ressources en eau, sa productivité agricole et la sécurité de ses populations. Ces enjeux sont interconnectés et s'amplifient mutuellement, rendant une réponse intégrée indispensable.
Les 700 km de côtes atlantiques sénégalaises reculent en moyenne de 1 à 4 mètres par an. Les zones de Rufisque, Bargny, Mbour, Joal et Saint-Louis sont en état d'urgence. Le niveau de la mer Monte de 3,5 mm/an, menaçant directement 60 % de la population et 80 % des infrastructures économiques concentrées sur le littoral.
−1,5 m/an en moyenneLe front de désertification progresse vers le sud dans les régions de Matam, Tambacounda et Kaffrine. Le Ferlo, zone pastorale vitale pour les éleveurs peuls, se dégrade à un rythme alarmant. La dégradation des terres affecte 40 % du territoire national. Le couvert forestier a perdu 50 % de sa superficie depuis 1960.
40 % des terres dégradéesLa température moyenne au Sénégal a augmenté de 1,8 °C depuis 1950, avec des projections à +3 °C d'ici 2100. Dakar enregistre des épisodes de chaleur extrême inédits (> 42 °C). Les îlots de chaleur urbains amplifient le phénomène dans les grandes agglomérations. La durée de la saison chaude s'est allongée de 3 semaines depuis 1980.
+1,8 °C depuis 1950La pluviométrie sénégalaise est caractérisée par une grande variabilité inter-annuelle, des sécheresses prolongées alternant avec des pluies torrentielles hors saison. Le cumul annuel a baissé de 30 % dans le nord et le Sahel sénégalais depuis les années 1960. Les inondations de Dakar (2009, 2012, 2020) ont causé des dommages de plusieurs centaines de milliards FCFA.
−30 % pluviométrie nordLe Sénégal perd environ 40 000 hectares de forêts par an. La forêt classée de Casamance, les mangroves du Sine-Saloum et les forêts de savane du sud sont les plus touchées. La faune sauvage (lions, éléphants, hippopotames) se retrouve confinée dans des réserves de superficie décroissante. La Casamance abrite la plus grande forêt sèche d'Afrique de l'Ouest.
40 000 ha/an de forêts perdusL'agriculture sénégalaise, dominée par la culture arachidière et les céréales (mil, sorgho, maïs), est vulnérable aux aléas climatiques. Les rendements agricoles accusent des baisses de 15 à 25 % lors des années de sécheresse. Le bassin arachidier (Kaolack, Kaffrine, Fatick, Thiès) concentre la majorité de la paysannerie et supporte le choc climatique le plus dur.
−25 % rendements en année sècheLe Sénégal est l'une des premières puissances halieutiques africaines. Le réchauffement de l'Atlantique modifie les cycles migratoires des poissons, éloigne certaines espèces des côtes et fragilise les écosystèmes marins. L'économie de pêche artisanale, qui emploie 600 000 personnes, est directement menacée par la raréfaction des ressources et la dégradation des fonds marins.
600 000 emplois de pêcheLe Sénégal a découvert d'importantes réserves de pétrole et de gaz offshore (champs de Sangomar, GTA). Paradoxe climatique : exploiter ces ressources pour financer le développement, tout en respectant les engagements climatiques. La question de la "justice des fossiles" et de la transition énergétique juste est au cœur du débat national et international.
Sangomar : 100 000 b/j estimésChaque région du Sénégal présente un profil de risque climatique spécifique, résultant de sa position géographique, de son économie dominante et de la densité de sa population. De la langue de Barbarie à Ziguinchor, le défi climatique change de visage mais ne disparaît jamais.
Alerte niveau critique : Saint-Louis du Sénégal, inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, est classée parmi les dix villes du monde les plus menacées par la montée des eaux. La langue de Barbarie, bande de sable séparant le fleuve Sénégal de l'Atlantique, disparaît progressivement. En 2003, une brèche a été ouverte artificiellement pour sauver Saint-Louis des inondations — elle mesure aujourd'hui plus de 5 km de large, au lieu des 4 mètres initiaux.
La brèche artificielle de 2003, ouverte pour protéger la ville des inondations fluviales, s'est élargie à plus de 5 km, coupant définitivement la langue de Barbarie et exposant le littoral à la pleine force de l'Atlantique. Plus de 20 000 personnes ont été déplacées. Des quartiers entiers (Guet-Ndar) sont submergés lors des grandes marées. La ville médiévale inscrite à l'UNESCO est en péril existentiel.
Risque de disparition partielleLa côte de Rufisque recule de 2 à 3 m/an depuis les années 1990. Les quartiers anciens de Rufisque-Ouest sont directement menacés. À Bargny, ville sacrée lébou et lieu de production de sel, les vagues emportent des maisons entières chaque saison des pluies. La plage de Hann, autrefois paradis des Dakarois, a perdu la quasi-totalité de son sable en 20 ans.
Urgence − Plan d'action en coursLa Petite Côte, principal littoral touristique du Sénégal, subit une érosion de 1 à 2 m/an. À Saly, les hôtels sont désormais construits au bord de falaises abruptes là où s'étendaient des plages de 30 à 50 m de large. Joal-Fadiouth, île sur pilotis et site historique, est menacée par la remontée de la nappe phréatique et la salinisation des sols. Les villages de pêcheurs de Mbour perdent leurs accès à la mer.
Tourisme et pêche en périlLe delta du Saloum, réserve de biosphère UNESCO et Ramsar, abrite 65 000 ha de mangroves vitales pour la pêche artisanale et la protection côtière. La montée des eaux et la salinisation progressive menacent les bolongs et les rizières traditionnelles. Les comunautés de pêcheurs serer et mandingues voient leurs zones de pêche se dégrader. Les forêts de mangroves, au rythme actuel, pourraient perdre 30 % de leur couverture d'ici 2040.
Patrimoine Mondial en veilleLes mangroves de Casamance, parmi les plus denses d'Afrique de l'Ouest, sont sous pression combinée de la déforestation pour le charbon de bois, de la salinisation des terres et de l'érosion côtière. Les rizières inondées de Ziguinchor et Sédhiou, système agraire ancestral des Diola, souffrent de la salinisation croissante. La crevette du fleuve Casamance, ressource halieutique majeure, disparaît des zones traditionnelles.
Riziculture traditionnelle menacéeLes 200 km de la Grande Côte entre Dakar et Saint-Louis concentrent l'érosion dunaire la plus rapide. Les dunes de Lompoul, attraction touristique, migrent vers l'intérieur. Les cordons dunaires protecteurs des terres agricoles du Cayor reculent. Les villages de pêcheurs lébou de cette côte battue par les vents voient leurs criques et leurs mouillages se transformer.
Érosion dunaire activeLe Sénégal a engagé un ensemble de chantiers structurants intégrés dans le Plan Sénégal Émergent (PSE), le Programme d'Adaptation (PANA) et la nouvelle Contribution Déterminée Nationale (NDC 2021). Ces programmes mobilisent des partenaires multilatéraux, régionaux et bilatéraux.
Programme phare de la Banque Mondiale pour la gestion durable des zones côtières d'Afrique de l'Ouest, dont le Sénégal est un pilier. Travaux de protection à Saint-Louis, Rufisque, Mbour et Joal. Restauration de 5 000 ha de mangroves, construction d'ouvrages de protection (épis, brise-lames), formation des communautés côtières et mise en place d'un système de surveillance du littoral.
Le Sénégal est l'un des pays pionniers de la Grande Muraille Verte (lancée à Dakar en 2007). Objectif national : reboiser 50 000 ha/an pour atteindre une couverture forestière de 30 % du territoire (contre 8 % actuellement). Le programme national de reboisement mobilise les collectivités locales, les jeunes (ANAMS — Armée Nationale de reboisement) et les communautés rurales. Les ceintures vertes urbaines de Dakar et Thiès sont intégrées au programme.
Partenariat signé à la COP27 (2022) entre le Sénégal, les États-Unis, l'UE, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et le Canada. Vise à accélérer le déploiement des énergies renouvelables tout en accompagnant la transition des travailleurs du secteur des fossiles. Financement de parcs solaires (Tobène, Malicounda), d'éoliennes offshore et de réseaux électriques intelligents. Objectif : 40 % d'EnR dans le mix électrique d'ici 2030.
Programme intégré financé par la Banque Mondiale et le FIDA pour l'adaptation de l'agriculture sénégalaise au changement climatique : irrigation de 100 000 ha supplémentaires dans la vallée du fleuve Sénégal, introduction de semences résistantes à la chaleur et à la sécheresse, systèmes d'assurance climatique indexée pour les paysans du bassin arachidier, et réhabilitation des bas-fonds rizicoles de Casamance.
Suite aux inondations dévastatrices de 2009 (200 000 sinistrés) et 2012, le Sénégal a lancé un programme décennal de drainage pluvial. Construction de 1 200 km de canaux à ciel ouvert et de collecteurs souterrains à Dakar, Thiès, Kaolack et Saint-Louis. Déplacement progressif de 30 000 familles des zones inondables. Intégration du risque climatique dans les PLU (Plans Locaux d'Urbanisme). Diamniadio, nouvelle ville à 30 km de Dakar, est conçue comme modèle d'urbanisme résilient.
Le Sénégal a mis en place un réseau d'Aires Marines Protégées (AMP) couvrant 17 % de ses eaux territoriales : Bamboung, Kayar, Joal, Saint-Louis, Abéné. Ces AMP servent de nurseries et de refuges face aux perturbations climatiques. Le programme de pêche responsable vise à réduire la surpêche industrielle qui aggrave la vulnérabilité des ressources halieutiques face au réchauffement marin.
Le Ferlo, zone aride du nord-est sénégalais, est le berceau de l'élevage peul transhumant. La désertification et les aléas climatiques menacent 400 000 éleveurs. Le programme vise la création de points d'eau pastoraux, la restauration des pâturages par le zaï et les demi-lunes, l'introduction d'espèces fourragères résistantes à la sécheresse, et le développement de l'agroforesterie pastorale pour fixer les éleveurs et réduire les conflits agro-pastoraux.
Le Sénégal dépend de trois grandes ressources hydriques : le fleuve Sénégal au nord (partagé avec la Mauritanie, le Mali et la Guinée), le fleuve Gambie au sud, et le lac de Guiers — unique réservoir d'eau douce naturelle du pays, source d'approvisionnement de Dakar. Le changement climatique menace directement ces trois systèmes.
Le lac de Guiers, seul lac naturel d'eau douce du Sénégal, alimente la capitale. Sa superficie diminue sous l'effet de l'évaporation accrue due au réchauffement. Des plantes aquatiques envahissantes (Pistia stratiotes) colonisent sa surface et réduisent sa capacité. La SDE (Sénégalaise des Eaux) investit dans des systèmes d'épuration et de protection du lac.
L'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) gère le barrage de Manantali (Mali) et le barrage de Diama (embouchure). Le réchauffement réduit les précipitations en Guinée, source du fleuve. Des tensions hydro-politiques entre le Sénégal et la Mauritanie s'intensifient autour du partage des eaux. La crue annuelle du fleuve, vitale pour l'agriculture de décrue, est de plus en plus irrégulière.
La vallée du fleuve Sénégal est le grenier potentiel du pays, avec la possibilité d'irriguer 240 000 ha. Actuellement, moins de 80 000 ha sont irrigués. Le Plan Sénégal Émergent prévoit de doubler les surfaces irriguées d'ici 2030 pour assurer l'autosuffisance alimentaire, notamment en riz. L'énergie solaire pour les pompes d'irrigation est au cœur du modèle.
La montée du niveau marin entraîne une intrusion saline dans les nappes phréatiques côtières, rendant l'eau inutilisable pour les populations et l'agriculture. Dans les régions de Fatick et de Kaolack, la salinisation est déjà documentée à 30 km à l'intérieur des terres. Sans intervention, 2 millions de personnes pourraient perdre leur accès à l'eau douce d'ici 2050.
Avec ses découvertes pétrolières et gazières (Sangomar, GTA), le Sénégal entre dans une nouvelle ère. La question centrale est : comment exploiter ces ressources pour financer le développement tout en réussissant une transition énergétique verte ? Le Sénégal est le premier pays en développement à avoir signé un JET-P pour résoudre ce dilemme.
Le Sénégal bénéficie d'un ensoleillement de 2 800 à 3 000 heures/an, parmi les meilleurs du monde. Les parcs solaires de Tobène (30 MW), de Ten Merina Dakhar (30 MW) et de Malicounda (60 MW) sont opérationnels. Le projet solaire de Kaolack (200 MW) est en développement. Objectif : 40 % d'énergies renouvelables dans le mix électrique d'ici 2030 contre 30 % actuellement.
2 800–3 000 h d'ensoleillement/anLe parc éolien de Taïba N'Diaye (158 MW, Thiès) est le plus grand d'Afrique de l'Ouest. Opérationnel depuis 2021, il couvre environ 15 % des besoins électriques du Sénégal. Des projets d'éolien offshore sont à l'étude sur la côte atlantique, avec un potentiel estimé à 500 MW installables.
Taïba N'Diaye : 158 MWLe champ de Sangomar (100 000 barils/jour) a démarré en 2024. Le GTA (Grand Tortue Ahmeyim, partagé avec la Mauritanie) produira du GNL. Le Sénégal revendique son droit au développement via ces ressources, tout en s'engageant à affecter une partie des revenus à la transition verte. La position africaine commune ("African Gas Corridor") est au cœur des négociations climatiques.
Sangomar : 1ère prod. 2024Le Sénégal a mobilisé un portefeuille de financement climatique diversifié, combinant fonds multilatéraux, partenariats bilatéraux et instruments innovants. Les besoins d'adaptation sont estimés à 1 800 milliards FCFA pour la décennie 2021–2030.
| Programme / Instrument | Partenaire | Objet | Montant |
|---|---|---|---|
| JET-P Sénégal | G7 + UE + USA + France | Transition énergétique juste, EnR, accompagnement social | 2,7 Mds $ |
| WACA — Littoral Atlantique | Banque Mondiale / GCF | Protection côtière, mangroves, communautés littorales | 50 Mds FCFA |
| Projet Inondations Dakar | AFD / BEI / État | Drainage pluvial, relocalisation, villes résilientes | 450 Mds FCFA |
| Fonds Vert pour le Climat (GCF) | CCNUCC | Projets adaptation et atténuation — 8 projets approuvés | 120 M $ |
| Eurobonds Verts Sénégal | Marchés Financiers Intl. | Financement d'infrastructures vertes et résilientes | 500 M $ (2021) |
| OMVS — Résilience du Fleuve | BAD / BM / AFD | Irrigation, gestion transfrontalière des eaux, barrages | 300 Mds FCFA |
| PASA — Agriculture Résiliente | Banque Mondiale / FIDA | Semences adaptées, irrigation, assurance climatique | 120 Mds FCFA |
| Parc Solaire Malicounda | Scaling Solar / IFC | 60 MW solaire PV — accroissement du mix renouvelable | 60 M € |
Le Sénégal a soumis sa NDC révisée en 2021 avec un objectif de réduction des émissions de 7 % (conditionnel : 29,5 % avec financement international). Priorités : énergies renouvelables (40 % du mix d'ici 2030), efficacité énergétique, reboisement (50 000 ha/an), et adaptation agricole et côtière.
L'Axe 2 du PSE intègre le "capital humain, protection sociale et développement durable", avec un volet environnement et changement climatique. Les projets phares incluent la protection du littoral, la reforestation nationale, l'irrigation de la vallée du fleuve et le programme de villes durables (Diamniadio, Thiès-Aéro).
Document stratégique listant les priorités d'adaptation aux changements climatiques du Sénégal. Révisé en 2020, il identifie six secteurs vulnérables clés : littoral, agriculture, eau, santé, élevage et pêche. Sert de cadre pour la mobilisation des financements du Fonds Vert pour le Climat.
Organisation intergouvernementale regroupant le Sénégal, la Mauritanie, le Mali et la Guinée pour la gestion du bassin versant du fleuve Sénégal (270 000 km²). La coopération hydro-climatique transfrontalière est au cœur de la résilience de la vallée face aux sécheresses et aux inondations.
Le Sénégal s'aligne sur le Cadre de Politique Environnementale de la CEDEAO et le Plan d'Action Régional pour la Lutte contre les Changements Climatiques (PARCCC). Partage des données climatiques régionales, harmonisation des politiques énergétiques et gestion commune des écosystèmes transfrontaliers.
Le Sénégal est un membre actif et influent du Groupe Africain de Négociateurs (AGN). Il a accueilli la COP8 de l'UNCCD (2015) et a été coprésident de l'AGN lors des COP21 et COP27. Le Sénégal plaide pour le Loss & Damage Fund et un financement climatique structuré par dons plutôt que prêts.
Le Sénégal dispose de sept sites Ramsar (zones humides d'importance internationale) : Delta du Saloum, Bassin du Ferlo Nord, Bassin du Ferlo Sud, Delta du Fleuve Sénégal, Basse Casamance, Lac de Guiers et Lac Retba (lac Rose). Ces écosystèmes sont des régulateurs climatiques vitaux protégés par la convention de Ramsar.
Le Sénégal a officiellement lancé la Grande Muraille Verte à Dakar en 2007. Avec 46 000 ha de zones restaurées, le Sénégal est le pays le plus avancé dans la mise en œuvre. L'Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV) est basée à Nouakchott. Le modèle sénégalais de restauration agroforestière est un référentiel international.
Le Sénégal développe des solutions ancrées dans ses réalités locales. Des techniques ancestrales éprouvées aux technologies de rupture, le pays construit un modèle de résilience climatique qui inspire le continent.
Les communautés locales du Sine-Saloum, appuyées par IUCN et Wetlands International, ont planté plus de 60 millions de propagules de mangroves depuis 1995. Cette restauration participative protège les côtes, reconstitue les frayères, séquestre le carbone bleu et préserve les moyens de subsistance de 100 000 personnes. Un modèle réplicable à l'échelle africaine.
Les techniques ancestrales de collecte des eaux pluviales (zaï, demi-lunes, cordons pierreux) permettent de régénérer des terres dégradées et d'augmenter les rendements de 30 à 100 % sans intrant chimique. Les projets Farmer Managed Natural Regeneration (FMNR) au Sénégal, appuyés par World Vision et AFD, ont réhabilité 200 000 ha.
Plus de 3 000 forages solaires ont été installés dans les régions rurales du Sénégal, remplaçant les pompes diesel et réduisant le coût de l'eau d'irrigation de 60 %. Le programme ASER (Agence Sénégalaise d'Électrification Rurale) et le projet MBOW-SOLAR déploient des mini-réseaux solaires dans des milliers de villages.
Face à la raréfaction des ressources halieutiques, le Sénégal développe l'aquaculture en eau douce et marine (tilapia, crevettes, huîtres). Les Aires Marines Protégées de Bamboung et Cayar, gérées par les communautés, permettent la régénération des stocks poissonniers. Le modèle participatif sénégalais est une référence pour la pêche résiliente au changement climatique.
Diamniadio, à 30 km de Dakar, est conçue comme ville intelligente et résiliente : zoning anti-inondation, énergies renouvelables intégrées, gestion durable des déchets, espaces verts urbains et corridors verts. Elle absorbe une partie de la pression démographique sur Dakar tout en testant les standards d'urbanisme climatique pour l'Afrique de l'Ouest.
L'ANACIM (Agence Nationale de l'Aviation Civile et de la Météorologie) développe des systèmes d'alerte précoce aux inondations et sécheresses. Des startups sénégalaises (Jokkolabs, OZé Entreprises, IntelliSenso) développent des solutions AgriTech adaptées au changement climatique. Le Sénégal est le premier hub ClimateTech d'Afrique de l'Ouest.
À la croisée des enjeux sahéliens, côtiers et forestiers, le Sénégal forge des réponses
qui inspirent l'Afrique de l'Ouest et le continent tout entier.